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YOHJI YAMAMOTO L’Architecte du Temps

Le noir comme un écran uniforme, impénétrable, renvoyant des images multiples et un spectre monochrome, entre fantasme et réalité. De cette matière, Yohji Yamamoto sculpte des silhouettes intemporelles. Il forme des espaces et laisse le corps s’exprimer, protégé sous un mille-feuilles de tissus, tout en cultivant une grâce naturelle et sophistiquée.

Permettre aux femmes de porter des pièces réservées au vestiaire masculin, voilà l’idée motrice et rebelle du créateur japonais lorsqu’il se lance en 1977 dans la confection de manteaux. Par l’abstraction du corps derrière le noir et des formes épurées, Yamamoto favorise le rêve et s’affranchit ainsi des considérations liées aux tendances. Le designer japonais interroge la notion de beauté par l’utilisation de lignes brisées et de formes asymétriques. Sûre d’elle-même mais jamais snob, énigmatique toujours, la silhouette féminine arbore un air décontracté qui lui sied à merveille.

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La femme Yamamoto se dédouble, joue avec les multiples facettes de sa personnalité. Elle retrousse les manches d’une chemise ample et légère qui la laisse libre de ses mouvements. Le maître japonais apporte un soin particulier au choix du textile, comme la soie, tissée par l’usine familiale Chiso, spécialisée lors de sa création en 1555 dans la production de vêtements religieux. Yohji Yamamoto ose l’ancien et le moderne, la soie et le néoprène pour une élégance constante, inscrite dans le mouvement et la durée, du matin jusqu’au soir.

Le soleil passe sur elle. Drapée dans un noir profond, elle absorbe la lumière, capte l’énergie. Elle aimante, revêtue de sa seconde peau, étincelle d’une féminité d’autant plus forte qu’elle est évoquée avec subtilité et retenue, et grave ainsi son souvenir dans la mémoire du temps.

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