Alexander McQueen Contes d’un Monde Chimérique

Né à Londres, en 1969, Alexander McQueen a secoué le monde de la mode avec des shows scénographiés et théâtraux à l’extrême, entre les années 90 et 2000. Avant-gardiste et provocant, son style oscille entre romantisme et décadence, puissance et fragilité.

A 16 ans, il quitte l’école et commence à se former auprès des tailleurs renommés de Saville Row. Il entre ensuite à la sacro-sainte Central Saint Martins, où il présentera en 92 son défilé de fin d’année intitulé « Jack The Ripper Stalks His Victims ». Dans l’audience, la critique Isabella Blow, bouleversée, achète tout la collection, devenant ainsi sa mécène et son amie. 

En 1996, alors qu’il n’a pas encore de maison à son nom, il remplace Galliano à la tête de la direction artistique de Givenchy. Sa première collection aura beau être rejetée par la critique, il recevra le prix du Créateur britannique de l’année, qu’il remportera d'ailleurs quatre fois au cours de sa carrière. 

En 2000, il fonde sa marque, avant de quitter Givenchy l’année suivante. Son défilé Printemps/Eté 2002 « VOSS » ou « The Asylum » enferme les mannequins dans un asile de verre, devenant le premier d’une série de shows plus iconiques les uns que les autres. De « The Girl Who Lived in the Tree » Automne/Hiver 2008 à sa dernière collection « Plato’s Atlantis » Printemps/Eté 2010, en passant par « The Horn of Plenty » Automne/Hiver 2009, ses défilés assaillent le spectateur d’émotions contraires, intriguent et émerveillent. 

En 2010, suite au geste fatal du créateur anglais, Sarah Burton, son bras droit de plus de 14 années, prend la tête de la direction artistique de la maison. 

A peine un an plus tard, elle crée la robe portée par Kate Middleton lors de son mariage avec le Prince William et reçoit elle aussi, dans la foulée, le prix de Créateur de l’année, lors des British Fashion Awards. Elle est même décorée de l’Ordre de l’Empire Britannique, pour services rendus à la mode britannique, l’année suivante. 

L’Automne/Hiver 2017 semble se nourrir des même inspirations païennes à l’oeuvre lors de la saison précédente, adaptées cette fois à un vestiaire hivernal aux coloris plus durs – du noir et du blanc, entrecoupés de rouge vif et parfois d’or ou d’argent. L’imagerie historique de la créatrice se distille dans des manches bouffantes, des robes longues couvrant la femme de la gorge aux chevilles. Les imprimés ont des inflexions tziganes, des broderies mystiques, des fils apparents, et les robes sont lacées.