BARAONDA – Tout est chaos

Baraonda : la confusion, le désordre – en Italien. Il faut voir là de quoi bousculer l’ordre établi de la ligne Nasomatto qui compte désormais dix parfums, créés par Alessandro Gualtieri. Surgi de nulle part, « Baraonda » fait donc suite à « Blamage » et à son bouchon de noisetier explosé, pourtant annoncé comme le point final de la collection.

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On imagine sans peine que le parfumeur italien Alessandro Gualtieri n’a pas su résister à la tentation d’un ultime coup de maître. Accéder au monde imaginaire olfactif de Gualtieri équivaut à pénétrer dans le cabinet du Docteur Caligari. Chacune des créations conçues pour Nasomatto fait surgir des illusions à nulles autres pareilles. Baraonda sème le doute, sa robe ambrée évoque un alcool fort, une liqueur, même, et invite à une dégustation impossible. Les notes de fruits rouge, de menthe, de bourbon et de cognac, lointaines, entretiennent les jeux de miroir et ouvrent vers d’autres dimensions, gustatives et charnelles, au sein desquelles l’eros agite les sens.nasomatto-leclaireur-alessandrogualtieri-baraonda

Comme toujours avec Gualtieri, à qui l’on doit également la ligne Orto Parisi, la construction olfactive est une donnée inconnue, un mystère qu’il entretient depuis 2007 avec la création de Nasomatto.
« China White », « Narcotic Venus », « Absinth »… jusqu’alors les parfums sortis de cette maison évoquaient les lignes troubles, les paradis artificiels, les créations mentales synthétiques. Aujourd’hui, il faut ajouter le chaos sensoriel d’un « Baraonda », un désordre au service de l’émotion pure que provoque l’inattendu. De l’émotion enivrante, presque addictive, emprisonnée dans un flacon, et qui ne ne demande qu’à se/nous libérer.