Nos coeurs battants, toute la semaine.

Comme une enthousiasmante tornade pleine de merveilles, la Fashion Week Homme Automne/Hiver 2016 a retourné Paris, et notre équipe créative et éditoriale avec. Alors que l’on peut encore percevoir les influences 70 de la saison passée, elles s’enrichissent aujourd’hui de détails empruntés aux années 30 et d’autres, aussi, plus surprenants, aux teintes asiatiques. Certes, ici et ailleurs, les coupes évoluent… et une audace nouvelle frappe à nos portes. Voici un aperçu de ce que l’automne prochain apportera et de ce et ceux qui ont fait battre nos coeurs.

Emergeant des ténèbres, des touches de couleur, de tartan, d’imprimés floraux et de mèches de cheveux se révèlent afin de donner un nouveau sens à la modernité. A grands renforts de tissus texturés, de tailles cintrées, de mailles déliées, et de longueurs contrastées, Ann Demeulemeester continue de déployer sa vision androgyne du vestiaire masculin. Elle ne s’éloigne pour autant jamais de son noir signature, qu’elle brisera la saison prochaine de bleus canards profonds, de rouilles éclatants, de bruns terrestres, et de rouges plus tendres.

Le Glam-Punk est sur toutes les lèvres ! Haider Ackermann présente des silhouettes Bowie-esque, ajustées, près du corps et lustrées, à coups de néo-mohawk et de tissus scintillants. Le coeur du Rock’n’Roll bat plus fort que jamais, avec des classiques du genre infusés de cet exotisme propre au créateur belge.

Elbaz a beau ne plus être à bord, Lucas Ossendrijver tient le cap avec un menswear élégant et assuré. Le show navigue progressivement d’une nuance de bleu à une autre, avec des tenues presque monochromes, réveillées par des touches de bordeaux, de camel, de beige et de cognac intense.

L’automne prochain voit Yohji Yamamoto retrouver son noir intemporel et éternel qu’il vient superposer en manteaux volumineux, en cardigans, sous des touches de vert et de bleu grisés, apportant autant de légèreté que de douceur. Les volumes, aussi fluides que jamais, sont cette fois restreints par des sangles, donnant au corps des volumes neufs. Le créateur affirme le travail d’une vie en apposant ses croquis, dont des autoportraits, sur certaines pièces.
Rassurons-nous, le parrain de l’anti-fashion joyeux et créatif nous surveille toute la journée.

Soyez les bienvenus dans le monde onirique de Thom Browne — il sera ici question d’un nouveau voyage à travers le temps et nos divers états psychiques. Suivez donc le guide sur le chemin d’un vestiaire masculin en pleine déliquescence. Décomposé ? Certes, mais le vêtement n’en perd pour autant rien de sa splendeur.
Le temps, notre essence même… Browne s’y plonge en lui offrant une place au premier rang de son défilé. Partez à la rencontre de l’homme sans visage, des vêtements qui avancent vers vous, dans une représentation poétique du temps parce qu’il est… vous savez, de notre côté. Yes it is.

Vidéo: Gaubert-Verrier-Bauer / STUDIO JUNGLE 2016