François Alu

francois-alu

François Alu découvre la danse, et par là-même sa passion, en voyant Patrick Dupont derrière l’écran de la télévision familiale. Comme une évidence. Il a 9 ans. Il n’hésite pas une seconde.

« Ça sautait partout, ça tournait, ça ressemblait à de la gym. Je ne voyais pas ça comme de la danse classique. »

Aujourd’hui âgé de 22 ans, le premier danseur de l’Opéra de Paris cultive la précision, le travail et la rigueur, notions-clé dans sa vie, et vit pour son art. Qu’il s’agisse des planches de l’Opéra, qu’il intègre en 2004, d’une impro de hip-hop à même le bitume, voire de la rencontre des deux genres dans un seul et même élan, la danse l’habite sous toutes ses formes.

Sous les projecteurs, François Alu fascine le public et inspire les chorégraphes. Sa danse athlétique vibre d’imagination, sa détente étonnante et son interprétation charismatique en font un acteur incontournable dans sa discipline, depuis plusieurs années.

Pour LECLAIREUR, François s’envole – prodigieux – sous l’objectif de Julien Benhamou.

dsc_2832

François Alu, vous êtes un danseur peu classique…

Le hip-hop a commencé pour moi, comme pour beaucoup, devant des vidéos sur Youtube. Ce ne sont pas seulement la danse et sa gestuelle qui ont capté mon attention, mais tout ce qui vient avec : l’approche musicale, le style vestimentaire et, surtout, cette culture hip-hop, faite de débrouillardise. J’ai bien-sûr pris quelques cours, mais rien de régulier. Je continue à pratiquer sur mon temps libre, mais pas autant que je le souhaiterais !

Lorsque j’ai chorégraphié “La Sylphide”, ma première pièce, je me suis beaucoup inspiré du phrasé, de la qualité et de la texture des mouvements du hip-hop, et notamment de ses ralentis. On peut énormément en nourrir la danse classique.
Je cherche à trouver l’équilibre entre les enchainement et les gestuelles diverses de ces deux genres, ce qui constitue une base idéale et permet un vocabulaire plus riche – à la fois visuellement et artistiquement.

Vous travaillez souvent avec Julien Benhamou.

Ce que j’aime chez Julien, c’est qu’il capture des élans magiques et travaille dans l’instantanéité. Notre dynamique fait que nous créons la photo ensemble, en mettant nos idées en commun. Et, bien qu’il soit responsable de la partie technique et moi de la partie physique, chacun prend en compte le regard de l’autre. C’est qui nous permet de nous nourrir mutuellement. Les piliers de notre collaboration sont la créativité, l’échange et une grande confiance réciproque.

dsc_2897

L’entraînement, les répétitions, tout est travail et discipline chez un danseur… Comment se rythme votre vie ?

Je m’entraine beaucoup. Etre en forme, c’est être en forme en permanence. Pendant mes jours « off”, je répète les galas, je crée, je m’entretiens en faisant du vélo ou en allant à la piscine. Je lis, aussi. C’est ce qui me permet de mieux comprendre mes personnages, ou une oeuvre dans sa globalité. C’est aussi ce qui m’apprend à structurer une histoire. Je vais en avoir besoin, j’ai en projet la réalisation d’un court-métrage dansé.

La rigueur, qui permet de mener un projet à bien, est une valeur primordiale à mes yeux. Je travaille beaucoup là-dessus, c’est loin d’être inné chez moi. J’ai beaucoup d’idées, je peux facilement partir dans tous les sens. Il s’agit ensuite de restructurer tout ça. Mais comme il est tout aussi primordial pour un interprète d’être imaginatif et indépendant artistiquement, d’avoir une vision personnelle des choses, je trouve mon équilibre. Dans ce domaine-là, j’ai beaucoup moins besoin de me forcer !

Le style de danse ne m’importe pas tant que ça. Aujourd’hui, en tant qu’artiste, je veux raconter une histoire, faire passer un message, pas bouger pour bouger. Ce qui m’a amené à la danse, c’est le mouvement, c’est vrai. Par la suite, j’ai réalisé que mon moteur, c’est l’aspect créatif et théâtral de la danse, plus que sportif.

Le vêtement : style ou fonction ?

C’aura été fantastique de travailler sur cette séance photo avec LECLAIREUR. J’ai particulièrement accroché avec les matières et textures, vraiment inédites pour moi, et le côté urbain des pièces, très amples. Avec des textiles aussi travaillés, aussi originaux, porter de tels vêtements est un plaisir.

dsc_3071-3

Rencontre des genres – la playlist de François Alu

Eminem : Lose Yourself
Tchaikovsky : Le lac des cygnes, Acte VI
Eliott Moss : Slip
Dropkillers : Batman
Stravinksky: Sacre du printemps
Desiigner : Panda
Max Richter recomposed: L’été
Dooz Kawa: Soirée Noire
Gesaffelstein: Pursuit
Prokofiev: Roméo et Juliette
Alt J: Bloodflood
Schubert: Ave Maria
David Lang: André Auria last part