DESIREE MEJER / VON PELT – Rêves en HyperNature

Vous avez choisi de délaisser la mode pour le design.

Je me souviens d’une époque excitante où vendre à des boutiques avait du sens. Les acheteurs agissaient comme des commissaires d’exposition, nous avions des relations plus personnelles, plus… humaines, finalement. Il y avait également un vrai sentiment de liberté. Maintenant, tout est dicté par des stylistes, qui ont somme toute peu de choses à dire, et qui pratiquent le mélange à outrance. La mode demande finalement trop de travail pour un résultat trop éphémère. La création de mobilier, le design permettent quelque chose de très différent. On vit avec le design, le rapport est plus permanent, les pièces se transmettent aux générations qui suivent.von-pelt-leclaireur-pad-london-2016-tables

 

Comment définir Von Pelt ? Et pourquoi changez-vous de ville à chaque nouveau projet ?

Von Pelt est un collectif. La série « Météorite », par exemple, est née à Berlin, où je vis la plupart du temps, et où j’ai mon atelier. J’y ai réuni beaucoup d’artistes. Ensemble, nous créons une agréable atmosphère de travail, une bonne synergie. En Espagne, où je me trouve l’autre partie du temps, mes collections touchent plus au métal et à la céramique. Chaque projet est une nouvelle aventure.

Comment rencontrez-vous les personnes avec lesquelles vous travaillez ?

Spontanément. Ils s’intéressent à ce que je produis et ils veulent participer. Les gens viennent à moi en quelque sorte. C’est comme une relation affective, quelque chose de très passionné.

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Quelles étaient vos inspirations pour la série « Météorite » ?

Quand vous observez la nature, c’est si intense, si incroyable… Quand on voit les cristaux, par exemple, on est émerveillés, on voudrait les contempler en grand, qu’ils soient plus gros, et c’est impossible… Mon travail consiste donc à essayer de sublimer la nature, à lui rendre hommage.

Vos tables sont faites avec du verre recyclé. L’utilisation de matériaux recyclés est-elle essentielle à votre processus créatif ?

C’est moins le recyclage à proprement parler que le fait de travailler avec ce qu’on a en sa possession qui est important. Avec ce matériau, les accidents sont merveilleux. Ce qui est normal devient incontrôlable, c’est ce qui m’intéresse.

Quels sont vos prochains projets ?

Il y en a beaucoup. Je vais continuer d’utiliser la résine et le verre mais de façon plus désinvolte. Je vais également réaliser des sculptures lumineuses, en utilisant des formes plus chaotiques, plus libres. Et explorer le marbre, la céramique…van-pelt-studio-at-work

Quel regard portez-vous sur la scène du design, qu’elle se trouve à Berlin, Madrid, Londres, Paris ou Los Angeles ?

Ce que Martine et Armand Hadida réalisent actuellement à Los Angeles est passionnant. Je pense que leur perception est très différente de ce que l’on voit d’habitude. Les mêmes pièces dégagent quelque chose de radicalement différent selon le lieu où elles se trouvent. Et là-bas tout va être nourri par le soleil et la lumière. Des objets pleins de lumière…

C’était important, pour vous, d’être présente au PAD cette année ?

Von Pelt n’existe que depuis trois ans. C’est notre première participation à un salon dont le rayonnement est international. Les rencontres y sont d’une grande qualité. C’est très positif.