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Dries Van Noten

L’éthno-chic cérébral

Dries Van Noten incarne la troisième génération d’une famille de tailleurs. Créateur prolifique, il invente un vestiaire d’une élégance et d’un raffinement inégalés, ouvert à tous les genres. Formé à l’Académie Royale de Anvers, il fait parti des « Six d’Anvers » – avec Ann Demeulemeester, Walter Van Beirendonck, Marina Yee, Dirk Bikkembergs, Dirk Van Saene – qui révolutionnent la mode au cours des années 80.
Mélange d’imprimés colorés – décalés, ethniques ; fluidité des matières – soie, velours, laine : le designer belge imagine des silhouettes élancées, dont la souplesse rivalise avec le maintien dandy. La constance de Van Noten, tant dans la direction qu’il donne à son travail que dans son excentricité réfléchie, lui a ouvert les portes des tapis rouges américains (Cate Blanchett est son admiratrice la plus fidèle) et des Palais Royaux, avec notamment la Reine Mathilde de Belgique.

Des professeures d’Oxford dans la jungle et des militaires en imprimés wax comme inspirations de Dries Van Noten pour la femme et l’homme Automne/Hiver 2016 ? Elles, toutes de carreaux et de rayures vêtues, décalées à coups de fausse fourrure et imprimés animaliers, apposées sur des pantalons larges, des manteaux peignoirs, des blouses et des cravates. Le Cercle des Poétesses Disparues joue à Jumanji sur les podiums parisiens. L’homme, quant à lui, part en mission, mêlant manteaux militaires et décorations brodées à ses habituelles inspirations ethniques, direction l’Amazonie.