Bougies L’Eclaireur

UNE APPROCHE VISIONNAIRE

 

L’aventure artistique est humaine. Christian Astuguevieille en est le directeur de création. Les senteurs, qu’il a imaginées pour cette collection, sont inédites et insolites. À l’image de l’univers hétéroclite de L’Éclaireur, elles développent des thèmes très « matières », qui convoquent leur présence olfactive dans l’intimité préservée d’un lieu de vie. Troublante sélection d’odeurs en mouvement qui oscillent, comme la flamme d’une bougie, entre les réminiscences d’enfance et l’abstraction, la couleur et l’addiction. Encre, Grass, Zan, Absinthe et Tangerine exhalent des volutes qui jouent les intrigues avec les souvenirs. Celui de la tache bleue entre les doigts, de l’herbe fraîchement coupée, de la réglisse régressive, du thé d’absinthe infusé, de la fleur d’oranger ensoleillée. Et même après que la flamme se soit éteinte, l’odeur reste, se rappelant au souvenir, même quand on croit l’avoir oublié. Cette démarche novatrice donne à cet inventaire, à première vue, improbable, un ordre d’évidence UN NOUVEAU MONDE L’Eclaireur explore un territoire olfactif inédit et s’approprie un monde nouveau: celui des bougies. Il s’aventure cette fois dans une signature qui se respire, mais, reste fidèle à son identité et l’imprime en numéros majuscules: celui des adresses de ses boutiques parisiennes. 07 pour la rue Hérold / 10 pour la rue Boissy d’Anglas / 12 pour la rue Malher / 26 pour l’avenue des Champs-Elysées / 40 pour la rue de Sévigné. Les échappées belles, nées de ces soupirs de cires parfumées, transportent tout un monde tapi dans l’inconscient imaginaire. Comme celles des boutiques l’Éclaireur qui, dans l’ombre, se nichent sous des portes cochères ou dans des galeries pénétrantes comme des alcôves. Épicentres d’une créativité en mouvement, jamais exposée sous les projecteurs et toujours habitée. La flamme de L’Éclaireur n’a pas fini de faire entrer la lumière dans la vie ORNEMENT HORS TEMPS Mise sur un piédestal, grâce à l’élégance fuselée d’un support hors normes, la bougie retrouve la place qui lui est due. Sacralisée, elle en devient pourtant plus accessible et vivante dans l’espace, entièrement repensée au prisme d’un design aussi minimaliste qu’intelligent. Le porte-bougie s’accompagne, à l’envi, d’une chaise ou d’une table conçus pour créer une harmonie d’intérieur avec un raffinement de boudoir. Dans une économie insolente de fioritures, le noir domine, cultivant la sobriété jusqu’à l’épure. SÉRIE NOIRE La collection est à suivre à la lettre pour que se fasse toute la lumière. Mises l’une à côté des autres, les boîtes écrivent en majuscules le nom de la maison : L’Éclaireur, et donnent du sens à des numéros, dont le nom est réservé au-dessous de leur écrin, incitant à découvrir, loin de tout cliché et de tout préjugé, leur univers parfumé. Les initiales oversize, finement lustrées, ne font pas d’ombre au blanc graphique du symbole chiffré. Le sens caché s’y révèle, confidentiel. Tandis que le papier de soie emballe de mystère sous une pluie de lettres mêlées, décodées seulement des initiés, l’éclat mat de son verre noir. Entre ses parois lisses, la bougie, à la contenance généreuse, signe un design affranchi. Et les associations entre couleur et odeur réécrivent l’histoire inconsciente des émotions scellées dans leur cire parfumée teintée. Grass se tapisse de vert mousse comme pour mieux exhaler l’herbe coupée, Zan, fantasme réglissé, recherche le contraste du blanc, Encre laisse sa trace en violet, Tangerine s’éclaire d’orange tandis qu’Absinthe se diffuse sur une couleur tilleul, promesse d’aromatiques ailleurs. 07 Encre Elle réécrit dans les mémoires l’encre qui tache au bout des doigts. Elle parle du temps où la plume affinait nos pensées avec une précision affûtée. Encre mêle avec modernité les effluves d’encens qui pleurent des larmes miellées enveloppantes à la profondeur de l’absolu Fir Balsam, balsamique et fruité, pour s’investir d’une profondeur sombre et captivante. Contre toute attente, le bleu de cette encre contient des éclairs solaires chargés d’essence d’orange de Floride. 10 Zan Cette réglisse-là se déguste au fur et à mesure qu’elle se consume. Rien à voir avec celle qui se consomme. Même si un petit goût de revenez-y entretient la flamme entre les sens et cette odeur un brin régressive, le contraste est saisissant entre le blanc cassé qui casse son image et l’odeur addictive qui s’en exhale. Les notes capiteuses de l’Ylang-Ylang enveloppent la réglisse de ses pétales veloutés, lui donnant encore plus d’étoffe. La violette et la rhubarbe s’aimantent à la réglisse avec la franchise qui les caractérise, tout en la laissant régner avec un raffinement gourmand. 12 Tangerine Troublante, l’absolu fleur d’oranger distille une impression de fleur blanche capiteuse. Ses pétales enflamment tout un monde imaginaire où les essences Néroli campent un décor solaire. L’essence Petit Grain a emprunté aux feuilles et aux rameaux de la fleur d’oranger plus corsée et plus verte, une insolence intrigante. Sa luminosité s’encanaille ici d’une pointe de cumin et se rend encore plus tactile sous la caresse musquée. On respire un air de griserie dans une orangeraie charnelle réinventée sous la flamme de cette bougie couleur coup de soleil. 26 Grass C’est une invitation à laisser vagabonder sa pensée dans l’herbe détrempée. Une épopée chlorophylle en liberté. Son odeur de gazon détrempé déboule via des feuilles ramassées à la fraîche par brassées : feuilles de tomate, de violette et de figuier. Esprit bucolique en vue où la vie en vert est plus belle que la vie en rose, où l’on sent la nostalgie d’une verdeur vive dans un jardin provençal hirsute avant que la chaleur des rayons n’altère les pétales des fleurs. Une vivacité rendue par un trio de notes pétulantes : bergamote, mandarine et pamplemousse. 40 Absinthe Tout droit sortie d’une enfance méditerranéenne où le thé à l’absinthe se déguste comme une douceur qui infuse juste ce qu’il faut pour stimuler les esprits, cette bougie convoque les arômes d’un accord thé unique. Absolu Maté, essence Maté, bergamote et menthe scandent cette formule incantatoire. L’armoise accroche son caractère herbacé aux branches d’essences boisées marocaines magnétiques. Les vapeurs de cette absinthe saoulent les peines et enivrent les sens. Et font planer dans l’air un peu de la lumière d’un ciel éthéré.